14 juillet 2009
Pinnnnnnnnnnnnces

02 juillet 2009
Décor ou réalité ?

19 juin 2009
Pouuuuuuuule !

15 juin 2009
7. Poé, Ilot signal, Interviews
Bientôt 2 semaines depuis le dernier post.
D'une part les week-ends ont été l'occasion de s'éloigner de Nouméa qui garde un côté métropole surfaite-malfaite parfois pénible. Charlotte et moi sommes allé sur la plage de Poé du coté de Bourail pour inaugurer ma première maison, ma première tente. Une belle sierra grise avec pleins de fils, des sardines, pleins d'espace tant et si bien qu'il est, une fois qu'elle est sortie de son petit sachet, impossible de l'y remettre…

Direction plein nord avec
un ingénieux système pour maintenir au frais les saucisses et les côtelettes
pour le futur meilleur barbecue du monde. Petite randonnée près du bonhomme de
Bourail en passant par la baie des tortues et la baie des amoureux que notre
bien aimé Jean Francis aurait très certainement parcouru en moins d'une demi
heure… Nous nous sommes ensuite installé sur un coin de plage, seuls au monde à
récolter du bois pour le feu, allumer le tout et obtenir une cuisson parfaite
des patates et autres viandes. A Poé la barrière de corail doit être à moins de
2 km de la plage et les vag
ues qui s'écrasent dessus font vacarme sourd et
continuel qui constitue le fond sonore permanent de la plage. Autre
particularité de la plage, celle-ci descend en pente douce, tant et si bien
qu'il faut un bon quart d'heure de marche avec l'eau à mi mollet pour atteindre
un niveau d'eau suffisant pour se baigner. Nous n'y avons pas manqué et à marée
haute il est possible de survoler en rasant toute cette mine de vie que
constituent les coraux. Ils sont remplis de poissons de petite taille de toutes
les couleurs, des chirurgiens, des poissons cochers, des perroquets, des
poissons clown et une infini multitude d'autres espèces. On y voit aussi des coraux
de tous types avec une extrêmement grande diversité de structure, de couleur,
de forme, de motifs qui font de tout cet ensemble une sorte de cité
fantastique, faite de tours, d'immeubles, parcouru par sa population de toutes
couleurs. Certains poissons se posent tranquilles au fond de l'eau, dans des
trous de corail ou dans des anémones, d'autres piquent des sprints incontrôlés
sans que l'on puisse en comprendre la raison, d'autres se suivent à la
queue-leu-leu, certains croisent juste sous la surface à la manière d'oiseaux
survolant la cité et enfin, les derniers ne sont visibles que de loin, méfiants
du plongeur.

Le retour vers Nouméa fut l'occasion de faire un crochet à Farino chez Mamie, un petit restaurant pas mal du tout. Nous découvrîmes dans nos assiettes des chouchoutes à la crème, des crevettes sauce mamie, et du cerff le tout d'un excellent gout. Farino contraste vraiment avec le paysage de la cote ouest. La cote ouest rassemble une vaste plaine et les premiers coteaux de la chaine avec une végétation basse et d'un vert pale. La région de Farino, plus au centre de la chaine bénéficie certainement d'un climat plus humide, la végétation y est plus haute, forestière et du vert typique des forêts tropicales. Il s'agit en fait d'une multiplicité des verts de la grande diversité d'espèces qui y habitent. On trouve autant de nuances de vert que de plantes, du vert citron au vert foncé de certaines broméliacées.
Le week-end suivant Rémi, Juju, Karim, Charlotte et moi
sommes allés à l'îlot signal histoire de rentabiliser ma nouvelle maison
(baptisée arbitrairement Poé par son propriétaire). Note : La maison ne pouvant
contenir tout le monde, la plupart de la bande eu la chance de profiter d'un
faré libéré pour les abriter. L'ilot signal est situé au sud ouest de Nouméa,
un peu plus loin que l'ile aux maitres et ses luxueux bungalows. L'organisation
de notre brigade de robinsons moderne fut exemplaire. Du bois, de l'eau, des
victuailles ont été emmenés afin de ne pas dégrader l'ilot classé aire marine
protégée et de satisfaire nos mentalités d'écolos idéalistes. Là encore les
plongées nous ont révélé la même fantaisie corallienne avec ses perroquets et
ses balistes. Le temps a été parfait pour la plongée et nous avons pu profiter
à 200% des couleurs magnifiques qui ne sont révélées à leur mieux que lorsque
le soleil apporte ses rayons.

D'autre part je suis rentré dans le vif du sujet de mon stage en rencontrant différentes personnes sur Nouméa - des pompiers, des scientifiques, des présidents d'associations environnementales - des gens de tout azimut pour leur poser la même question : Quel est le problème du feu en Nouvelle-Calédonie ? A ça, ils me répondent chacun de leur manière, en fonction de leur sensibilité et de leurs expériences. En tout cas, il s'agit là d'un caractère motivant du travail qui me permet de rencontrer plein de monde, d''utiliser le réseau environnementaliste de Calédonie et qui met de l'action dans le travail. Je suis plutôt bien reçu et les gens acceptent volontiers de répondre à mes questions, ce qui facilite le travail. Autre élément je suis rentré en contact avec les gens que j'avais contacté lorsque je cherchais un stage, mes refus qui ont suivi les propositions faites les ont marqués. A voir comment ces quelques relations piquantes évoluent… Je me suis aussi lancé dans de la lecture passionnante concernant des projets de développement en milieu mélanésien qui montre à quel point les époques coloniales et postcoloniales ont été l'occasion de faire de sacré conneries, mais ça tout le monde le sait.

02 juin 2009
Lêves la tête et dis "Oh"

29 mai 2009
6. La pluie, Lapérouse, Guy II et Laurent
Quid de ces semaines post nordiques ? Hé bien, du repos ! Un
peu, mais pas tant que ça car ma visio
n des reboisements et des problématiques
ayant été chamboulée par les semaines précédentes, un gros travail de
re-re-définition de stage devait être re-fait en français et en anglais. J'ai
donc passé les deux semaines à me creuser la tête pour essayer d'organiser un
sujet de stage cohérent et intéressant le plus définitif possible… ce qui, au
jour d'aujourd'hui, ne semble pas encore pleinement abouti suite à certains
remous en haut lieu, à Washington. En plus pas de chance, il a plu pendant une
semaine et demi, de manière valable, du coup le seul week-end disponible a été
centré, logiquement, sur le thème de la flotte.
En effet, sous la pluie quoi de
mieux que d'aller au musée et qui plus est musée de la marine, histoire de
baigner encore un peu plus dans l'élément liquide. Le musée de la marine de
Nouméa est à la fois petit et bien dense. Il relate l'histoire des premiers
navigateurs austronésiens, venus de Chine jusqu'en Calédonie il y a 3 000 ans,
les aventures des
grands aventuriers européens qui ont redécouvert les îles du
Pacifique, les trajets des premiers minéraliers à voile et l'élaboration de la
marine moderne. On y trouve des reconstitutions de pirogues, des cartes
anciennes où manquent les îles Loyautés, des trésors (sabres, porcelaines,
canons, squelettes) retrouvés dans les nombreuses épaves qui ont fait naufrage
dans le lagon calédonien dont la navigation parait si complexe, des morceaux de
navires (safrans, barres), et des vieilles photos de la gue
rre du pacifique. L'accent
est peu développé sur la faune et flore marine dont se charge l'aquarium de Nouméa. Et pièce majeure du musée, un documentaire sur le mystère de Lapérouse
! Jean François de Lapérouse est chargé par Louis XVI de conduire une
prestigieuse expédition de découverte destinée à compléter les 3 voyages de
Cook. Pendant plus de trois ans, les deux vaisseaux de l’expédition,la Boussole et l’Astrolabe,
vont parcourir tous les océans du globe, sous toutes les latitudes et par tous
les temps. Cette expédition se déroulera entre 1785 et 1788. En 1788, après
être passé par l’Australie et avoir laissé un ultime message à Botany Bay, plus
de nouvelles. Les deux vaisseaux du roi disparaissent dans l’immensité du
Pacifique sud, et la
Révolution
Le soir même un nouveau Coco arrivait, Laurent tromboniste
œnologue de son état, nous rejoignit sur le Caillou. Laurent fait partie de la
fanfare que l'on a créée avec Karim et Rémi à Montpellier : le Coco Fanfare
Club, que le lien à droite de l
'écran vous fera redécouvrir. Laurent termine un
séjour dans l'hémisphère sud pour des vinifications en Australie par quelques
semaines de vacances en Nouvelle Calédonie. Du coup, ni une, ni deux, il
fallait lui faire découvrir le lagon. Dimanche, Guy déploya la grand voile pour
montrer à ce nouveau jeune de quoi était fait le lagon !
Le temps pour sortir notre Ulysse sur les flots n'était pas
au beau fixe et, pleins des images du naufrage de Lapérouse, je n'avais qu'une
crainte que notre Ulysse se
transforme en Boussole. N'exagérons rien, il a un
peu plu, c'est tout. La sortie en mer était surtout un prétexte pour un petit
coup de pêche ! A 9h donc, nous voilà déjà sur le spot, cannes en main à
guetter le bossu. Oui, car ce spot, n'est pas un spot de n'importe quoi, c'est
un coin à bossu ! D'ailleurs, Guy en a rempli une glacière comme ça la semai
ne
dernière ! Alors avec 5 ingénieurs, prépares tes congélateurs ! Manque de bol,
les ingénieurs pourtant bien plus réactifs et maitre de leur sujet que la
dernière fois n'ont pas su ramener le moindre poisson dans la première demi
heure. De toute évidence, Guy se moquait de nous et nous avais emmené dans un
coin où, ingénieur ou pas, il n'y avait rien. On bouge un peu, pour aller sur
un autre coin, plus sérieux. Et là, pas plus. Bref, journée de pêche minable,
même si Laurent a quand même finit par ramener 2 bossus, Karim, Juju et
Charlotte quelques petits poissons et moi 2 loches. La plongée qui suivi fut
bien mieux, bien que sur réaliste car sous la pluie ! J'ai aperçu une raie,
mais même pas de requins. Les coraux et les petits poissons étaient bien jolis
et je sens que l'apnée revient doucement. Voilà, Guy aura su faire preuve
d'autant d'humour que d'habitude et Laurent a pu écouter toutes les blagues
habituelles, désormais rituelles au départ en mer.
25 mai 2009
Extrait de soleil
18 mai 2009
5. Première montée dans le nord
Donc au programme, rendez vous mardi matin à Poya pour aller
visiter le site d'action du WWF en Province Nord, l'Aoupinié. Départ via le 4x4
de l'entreprise de Charlotte qui montait avec toute la bande (Karim, Juju et
Rémi) dans le nord sur la mine de Tiébagui. Ils m'ont déposé à Koné, sans
moustiques, où j'ai retrouvé Fréderic et Audrey le couple qui m'hébergeait pour
la nuit de lundi. Mardi, je retrouve François Tron mon maitre de stage et
Vincent l'autre stagiaire, Hubert et Nico du WWF. On a fait coutume pour remercier
la tribu de Gohapin de nous accueillir et puis on est partis visiter les
pépinières du projet du WWF qui consiste essentiellement à rebois
er des bassins
versants. Et là c'était comme dans les reportages nature d'ARTE. On a rencontré
des membres d'associations de femmes kanaks qui soignaient avec amour les
petits plans de leurs pépinières et Hubert du WWF complètement émerveillé,
extasié du travail qu'elles réalisaient. Et je dois dire que j'étais fou de
voir à quel point elles s'investissaient et travaillaient bien. On a discuté
avec elles et elles étaient parfaitement conscientes des enjeux de leurs
plantations et des services que leur travail rendait à leur communauté. Les
mots me manquent et je n'ai pas envie de devenir trop technique dans la
description de leur activité mais c'était absolument fou de vivre ça. On a ensuite
suivi Amédée, un gars qui avait commencé des plantations de pinus depuis une
quinzaine d'année et qui nous a longuement parlé de comment il avait fait pour
planter et pour préserver ses arbres du feu, là aussi échanger sur leur vision
des reboisements et de leurs apports a vraiment été génial et montre qu'on a
tous des choses à s'apprendre les uns les autres, par
ticulièrement dans les
sciences de la vie lorsqu'on a une action dans des communautés différentes de
la notre. Toute la visite a été super riche, m'a donné pleins d'idées de choses
à faire et la sensation d'être au cœur de quelque chose de vraiment important
et de vraiment grand réalisé par une communauté paysanne. On est donc rentré
vers Hiengène le soir dans la voiture en parlant beaucoup avec François de tout
ce qu'on avait vu et des réorientations de sujets de stage à la lumière de tout
ça. J'ai rencontré toute la petite (grande) famille de François le soir, ces 3
enfants dont le nouveau qui s'appelle Félix, sa femme et son père autour d'un
chouette repas d'accueil. Mercredi ça a été maxi bourre en travail pour
préparer la réunion du lendemain avec les cadres dirigeants de la Province Nord
auxquels on devait présenter une proposition de présentation sur les bases du
changement climatique et de la compensation carbone plus nos deux présentations
de nos sujets de stage dont le mien est toujours en cours de précision… Bilan :
boulot jusqu'à 3heures du matin avec un lever à 6 heures pour aller à Koné
présenter nos travaux. Grosses journées, mais qui s'est bien passé. Les cadres
de la Province ont été très intéressés, très favorables à la ré orientation de
mon sujet et même bien intéressés. La réunion s'est terminée au restaurant avec
de la côte de bœuf à la sauce poivre… On est rentré au camping du billet de
500, dormir sous la tente et se faire la cuisine au feu de bois (notamment 1 kg
de crevettes grillées à tomber par terre !). Vendredi, François m'a réveillé à
6h à lors que je dormais sur la plage pour aller à un rendez vous de dernière
minute avec un ancien de la FIF hyper sympa qui travaille aux services
forestiers de la province et qui est super motivé par mon sujet (que je vous
exposerai en détail bientôt). Et Samedi on a assisté à l'Assemblé Générale de
l'association Dayu Biik qui est une asso soutenue par Conservation
International pour la défense de l'environne
ment sur le Mont Panié. La journée
a elle aussi été très riche avec une bagarre violent en début de journée avant
même que l'assemblé générale commence, des réactions et des questions hyper
intéressantes de la part de tous les membres qui sont venus, un super repas,
une émouvante commémoration pour le prédécesseur de François qui est mort
l'année dernière dans une rivière en crue et qui a tout fait pour créer le
mouvement local de défense de l'environnement. On a finit sous un orage à
s'abriter chez Romain Franquet, le nouveau gars qui s'occupe de l'asso à manger
une tourte au taro, à la viande et aux épices. Le dimanche on est rentré sur
Nouméa, crevés mais heureux de cette semaine si mouvementée et si riche en
évènements.
10 mai 2009
4. Goetz, 3B et Flammekueche
Je passe sur la semaine qui a suivie, chargée des souvenirs
et émotions de cette sortie en mer. La semaine
a malgré tout été ponctuée par u
skype avec Washington et le gars qui a fait en sorte que Conservation
International ait les sous pour que je puisse faire mon stage. Skype en
américain donc, avec le big chief, stress… bon ça s'est plutôt bien passé, tant
au niveau de la langue qu'au niveau du contenu, même si le gars plane à 10 000
et qu'il ne connaît pas du tout le contexte local et que ces remarques
n'ont
pas été si pertinentes que ça, mais bref Goetz Schroth s'est quand même la maxi
classe. Le gars a sorti des tonnes de bouquins, notamment un ouvrage référence
sur l'agroforesterie que j'avais déjà lu en Guinée…
Le Jeudi on a fait un concert avec la fanfare Malawi aux trois brasseurs. Explications : Karim, Rémi et moi on a participé a créé la fanfare de Sup Agro, on se retrouve tous les trois en Nouvelle Calédonie et les gars tombent sur cette fanfare avant que j'arrive. Du coup, illico presto, 2 semaine après être arrivé, j'étais déjà avec clarinette dans les mains, stock de partitions, et super accueil de la parte des Malawi boys and girls. Les 3 Brasseurs (ou 3B dans le milieu) c'est une brasserie avec un bon look qui fait sa propre bière elle-même et des opens Flammekueche terribles ! Concert avec pour scène un vieux camion dans le bar. Au programme 3 sets d'une heure avec, entre chaque, open bière pour fanfarons !

Chouette concert donc, bonne ambiance et surtout l'opportunité de faire une scène de folie même pas un mois après être arrivé.
Repo
s le lendemain, programmation
d'un rando de folie pur certains et puis un peu plus pépère pour Charlotte et
moi. Au programme le suivi des conseils d'un guide "La Calédonie Sauvage"
par Jean Francis qui donnait une petite rando
sur les Monts Koghis de 3 heures
et demi à 7 heures pour nous et une plus costaude de 14 h pour les autres.
Bilan provisoire : au bout de 3 heures n avait pas fait ce qui correspondait à
1h et demi dans le guide… Le gars était un furieux de la rando, révision du
plan et modification de l'itinéraire dans des conditions ennuagées, sous la
pluie, avec du vent… le rêve. Ca c'est dégagé dans la fin d'après midi et
on a
pu profiter d'une crêpe à l'auberge des Monts Koghis, un chalet suisse avec des
luges qui n'a rien à faire en Nouvelle Calédonie... Le lendemain on a fait une
petite moitié de rando avant de filer récupérer les autres au fond d'une vallée
perdue en 4x4. Eprouvant week-end, qui s'est terminé devant le fameux sus cité
open Flammekueche des 3B, et après 5 flams on est rentré le ventre douloureux
se coucher pour se préparer à la semaine dans le nord qui nous attendait tous.
05 mai 2009
3. Lagon, requins, tortues
Troisième week-end et premier week-end de 3 jours de Mai,
nous (Karim, Juju, Charlotte et moi) sommes partis à bord du voilier de Guy
pendant 3 jours dans le lagon sud vers l'ilot Kouaré. Pour moi ça aura été ma première
découverte un peu plus profonde du lagon calédonien, mais avant de le décrire
un peu, parlons de Guy. Guy, c'est un gars qui se qualifie en préretraite qui a
pas mal de sous et qui, c'est notre interprétation, s'embête avec les gens de
son âge et qui adore la mer. Du coup, il cherche de jeunes membres d'équipage
pour Ulysse, son bateau. C'est Karim qui l'a ren
contré avant que j'arrive et maintenant
les voilà compagnons de mer un peu régulièrement, environ une fois par mois.
Pour planter le décor, le bateau fait 12 mètres, avec 2 cabines et un carré, il
a 2 mats et a fait le tour du monde avant d'arriver en Nouvelle Calédonie, ses
caisses sont remplies de Whisky, son capitaine en étant un fameux amateur ! Bref,
Guy a des sous, a besoin de jeunes pour pouvoir enseigner tout ce qu'il a appris
sur le lagon depuis qu'il vit ici, le week-end est tout frais payé.
Donc départ
le vendredi matin à 6h du mat pour prendre la mer le plus tôt possible et pour
faire une halte sur un récif. Première plongée sur le récif, avec Guy qui me
motive à fond pour prendre le fusils de chasse alors qu'il y a des requins dans
les parages… ni une, ni deux, enfin après m'être laissé convaincre que ce
n'était pas dangereux, les requins, je plonge avec Karim et Charlotte fusil en
main, pas très rassuré. D'autant plus qu'on voit dans les premières secondes sous
l'eau un gros "pointe noir" passer à 10 m du bateau. On quitte quand
même le bateau, avec les foies, et on se rapproche du récif où l'on voit passer
un autre requin pointe blanche le long du récif.
Petit intermède sur les
requins, il faut savoir que les pointes blanches et pointes noires sont des
requins de récifs pas très dangereux, qui ne s'attaque pas à l'homme (comme la
plupart des requins d'ailleurs) mais qu'ils restent malgré tout potentiellement
dangereux comme dit dans le guide des poissons de nouvelle Calédonie. J'avoue
que voir un requin pour la première fois dans l'eau, avec moi dans l'eau aussi
à 4 mètre de moi, ça m'a fait quelque chose quand même ! Mais bon, comme
j'étais avec Karim, qui en avait déjà vu et que Guy qui lui les connaît par
cœur, m'a beaucoup rassuré.
Donc, le tableau moi dans l'eau, avec le fusil,
Charlotte derrière moi avec l'annexe ("parce que oui, tu comprends si
jamais tu chopes un poisson, il faut vite le prendre et le jeter dans l'annexe
car les requins ils sentent le poisson blessé et ils
se jettent dessus…dixit
Guy"). Bono, j'avoue, j'ai rien tiré même quand j'aurai pu, je n'avais
pas encore la confiance. Je me suis
juste contenter de doubler un poisson (une loche saumonée) que Guy avait tiré
et qui se débattait encore. Bref, on a remonté 2 loches au fusil, avec des
requins autour de nous… grosse émotion, mais content d'avoir vu mon premier
récif, les coraux sont magnifiques, et mes premiers requins. A bord, on a vidé
les poissons et Charlotte en a fait des sashimis. Guy avait tout ce qu'il
fallait pour les accompagner : wasabi, sauces soja, niokman… On est arrivé à la
nuit tombante sur l'îlot Kouaré, sans histoire, on a jeté l'ancre au milieu de
pleins d'autres bateaux. Le rêve d'un l'îlot désert rien qu'a nous, flibustier
du 3e millénaire, reste encore une image.
Le deuxième jour : pêche ! Je dois dire que je
n'ai jamais été un fana de la pêche et au cours de toutes mes vacances en
Bretagne je n'ai jamais aimé aller à la pêche, c'est vrai : "le poisson,
c'est pas bon et ça sent mauvais !". Mais là, tout est différent, peut
être à cause du bleu du lagon et de la pression de Guy parc que "pêcher,
c'est un truc d'homme" (bordel !). Donc nous voilà avec 4 lignes dans les
mains, nous les ingénieurs intellectuels handicapés de nos deux mains et pas
capables de ne pas faire de nœuds dans les lignes, de pêcher sans théoriser sur
la trajectoire du fil dans le moulinet, sur la trajectoire de l'appât par
rapport au bateau et aux hypothétiques poissons, dont le régime alimentaire
semble nous échapper complètement, aux gars qui ont construits ces cannes à
pêche complètement pas pratiques du tout… bon, après 3 bons sacs de nœuds par
ligne, des appâts perdus par ce que pas assez réactifs et un Guy qui se foutait
de nos gueules parce qu'il n'yen avait pas un pour rattraper l'autre, le déclic
s'est fait chez certains et on a quand même finit par remonter 3 loches
saumonées et un bo
ssu. "Ô ego, ego, j'en ai remonté 2 des 4 !! Maman, ton
fils est un pêcheur né !!". La moitié de la pêche a disparu engloutie cru,
à la japonaise et l'autre s'est fait réservé 2 casseroles pour le court
bouillon du soir. Retour à l'îlot Kouaré en début de soirée où la flibuste
s'est emparé de son matériel d'abordage pour planter le drapeau de sa
magnificence dans le sable vierge. L'abordage en palmes-masque-tuba (PMT pour
les intimes) aura été l'occasion de voir les beaux coraux qui cerne l'îlot et
même de voir ma première tortue sous marine ! On a fait le tour de l'îlot avec
une fois de plus notre mythe de pirate des grands fonds détruits par une bande
d'abrutis même pas pirate du tout, avec un bateau à moteur, une radio et de la
vodka (même pas du rhum)…
Le lendemain on a plongé de bonne heure sur les patates de corail autour du bateau car Guy
nous avait parlé de "langoustes porcelaines grosses comme ça et je ne viens
pas de Marseille, alors !". Du coup, on a plongé avec les fusils,
sans les
requins (trop facile!) à la recherche de ce fameux banquet sur pattes. Nous en
avons finalement pas vue une seule mais sans être perdant car on a cru
apercevoir la silhouette d'un barracuda (ou au moins d'un poisson mortel qui
lui ressemblait) et de 2 ou 3 tortues qu'on a pu approcher à environ 1 mètre.
Elles étaient magnifiques, et leur nage se rapproche plus du
vol qu'autre
chose. Souvenir inoubliable que ces tortues ! Les conditions météos se
dégradant et la fin du week-end approchant on a mis les voiles, vent arrière pour
remonter sur Nouméa. En faisant un bon 7 nœuds on a mis 4 traines derrières le
bateau, historie de remonter du poisson sur le caillou (la grande terre). Et
pas perdus l'occasion car on a pris 2 ou 3 petits thonidés et 2 thazards
d'environ 1 mètre dont la récupération sur le bateau a eut son côté sanglant et
folklorique… Le retour s'est bien passé et le mercredi qui a suivi, Guy nous a invités
pour manger les thazards au barbecue… un régal, avec une petite sauce que
Charlotte nous avait fait, cuits au feu de bois… les mots et la chair du
poisson m'en manque. Quelle sortie en mer !!








